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Comment mesurer l’étendue du temps ? Compter en plaquettes. Il y a eu, la 1ère année, les femmes des années 60 riant autour d’un buffet, et à l’intérieur, des images de plats cuisinés – c’était Eduardo Felletti qui avait trouvé le livre dans une poubelle de Buenos Aires ; la 2ème année, sur fond bleu la Vénus de Stefano Bianchi, aussi nue que celle de son compatriote Sandro, et à l’intérieur les costumes pour éventuellement l’habiller ; 3ème année toujours Bianchi et ses couples – les comédiens de « Ça » en répétition – entre l’amour et la haine ; 4ème : du jaune en couverture et l’employé de Dan Burn Forti, le londonien, en lévitation dans les couloirs d’un bureau ; 5 ème : toujours Dan Burn Forti et ses monarques au balcon de leur Kaufmann et Broad local, fous saluant la campagne ; 6 ème : première année avec Plonk & Replonk, les frères Froidevaux du canton de Vaux en Suisse, encore une femme nue en couverture et à l’intérieur toute l’expression de ces artistes graphistes pour la première fois directement inspirés des dossiers donnés par les équipes de création des spectacles. Et cette année ? pour la 2ème année avec les Plonk, j’espère l’homme nu en couverture.
Cette liste a pour vertu :
1 ) de mesurer le temps : 7 ans de programmation pour moi à Montluçon, 7 ans l’âge de raison, le passage difficile paraît-il pour les couples, 7 ans les noces de laine pour tricoter une relation (attention l’année prochaine, 8 ans de mariage : noces de coquelicot, fleur fragile et aux vertus calmantes s’il en est ! on connaît sa grande sœur le pavot), 7 ans, les premières rages de dents.
2 ) de lire dans cette sorte de livre qui jonche les tables du théâtre, véritable objet de culte ou d’énervement certains jours, la volonté de travailler avec des artistes photographes, graphistes, auteurs européens.
3 ) de s’apercevoir que je peux avec vous utiliser le mode sibyllin et parler de ces plaquettes : avec le spectateur du Festin on se comprend.
4 ) de composer cet éditorial, espace toujours délicat – surtout depuis que je sais qu’un metteur en scène en fit un spectacle dans lequel, je le crains, le spectateur devait rire de la vacuité des propos des directeurs remerciant inlassablement « leur » public de sa présence, de son nombre toujours croissant, vantant la qualité des spectacles proposés précisément cette saison. Normal, en même temps. On ne va pas vous dire que vous êtes nombreux certes, mais qu’on serait tous très heureux que vous ameniez encore un peu plus vos voisins, vos amis ; que les spectacles, vous les trouverez peut-être bien peut-être pas bien, que, pour notre part on ne sait pas parce qu’ils n’existent que sur le papier et que donc on ne les a pas encore vus pour la plupart ! mais que notre route est pavée d’espoir ! on ne va pas vous dire tout cela, quoique…

Anne-Laure Liégeois

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PINOCCHIO

d’après Carlo COLLODI texte et mise en scène Joël Pommerat
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